|
Annie Oberti, chargée d’études et de recherche sur la vie associative et les politiques territoriales à l’Injep, a participé à la phase de consultation publique du Livre vert du haut commissaire à la Jeunesse en rédigeant une contribution sur la participation associative des jeunes mineurs. S’appuyant sur plusieurs sondages et études, cette contribution, remise le 22 septembre dernier au haut commissaire à la Jeunesse, dresse un constat plutôt paradoxal du traitement de la participation associative des jeunes par les pouvoirs publics. C’est la forme d’engagement qu’ils encouragent le moins malgré l’image positive que les jeunes ont vis-à-vis des associations et leur réelle participation à la vie associative. Annie Oberti y énumère les freins juridiques et administratifs à l’engagement associatif des jeunes mineurs. Des restrictions sont en effet fréquemment constatées au sein même des services de l’État et les textes relatifs aux conditions d’agrément excluent régulièrement les mineurs des postes de dirigeants. Ces dernières années, professionnels de jeunesse, associatifs, élus mais aussi juristes ont souligné – par des rapports publics ou des initiatives privées – combien la liberté d’association des mineurs était entravée et ont souhaité voir lever ces freins. Cette contribution propose également une série de recommandations pour développer le droit d’association des jeunes et des mineurs et mettre ainsi en œuvre l’application de la liberté d’association figurant dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant signée par la France en 1990. C’est ce que vient de rappeler à l’État, le comité de suivi de l’application de la Convention en se disant préoccupé, en juin dernier, des restrictions imposées à la liberté d’association des enfants, et à la discrimination dont ils sont victimes en étant interdits d’être élus aux postes de président et trésorier. Voir ci-dessous en fin d'article la contribution en fichier en téléchargement
Le Livre Vert Proposition 56: promouvoir et valoriser le Bénévolat des jeunes En complément du déploiement d’un service civique ambitieux pour les jeunes, il conviendra de promouvoir et de valoriser les activités bénévoles des jeunes. L’engagement bénévole renvoie en effet à un triple enjeu : il contribue à la mise en vie du projet associatif et au fonctionnement d’une économie spécifique, l’économie sociale, dont le bénévolat est l’une des principales ressources ; il participe d’une mobilisation citoyenne au service de l’intérêt général ; - il permet au bénévole de se former, d’acquérir et de consolider des compétences, et de développer des savoirs, des savoir-faire et des savoirs être. Ce constat permet de prendre la mesure du défi que constitue le soutien à l’engagement bénévole des jeunes. Dans cette perspective, trois registres de mesure pourraient être envisagées afin de promouvoir le bénévolat des jeunes et de soutenir la capacité des associations à les accueillir et à les accompagner : 1. Inciter et faciliter : lancer une campagne de sensibilisation et de communication, notamment au sein du système scolaire (à travers des programmes dédiés et le développement de la vie associative dans les établissements), mais aussi sur le temps libre (l’aménagement des temps de l’enfant et des jeunes devant permettre la découverte et l’apprentissage de la vie associative) ; développer les congés associatifs des salariés, afin de leur permettre d’exercer leurs activités bénévoles, y compris sur leur temps de travail. Les salariés bénévoles doivent en outre pouvoir obtenir de leur employeur des autorisations d’absence définies par voie légale (nombre de jours ouvrables par an, modalités), à l’instar des congés de représentation existants dans le monde syndical. 2. Accompagner et former : rénover et revaloriser le CDVA afin d’en faire un véritable outil de développement de la vie associative et de soutien au bénévolat ; soutenir les têtes de réseau associatives. Le principal outil d’accompagnement des bénévoles demeure en effet la mutualisation associative, qui permet ainsi d’accueillir, de former, de qualifer des nouveaux bénévoles désireux de s’investir dans le projet associatif ; créer un congé associatif de formation pour tous les bénévoles. 3. Valoriser et reconnaître : reconnaître le bénévolat dans le parcours individuel (par le développement et la simplification des procédures de VAE, et par la mise en place d’un « passeport ou livret d’épargne civique » permettant de rendre compte des expériences bénévoles et des compétences développées dans ce cadre) ; reconnaître le bénévolat dans les relations entre associations et puissance publique. Le site du Livre Vert : http://www.lagenerationactive.fr
Avis de l’Aprova 84 Cette contribution de l’Injep nous semble tout à fait pertinente car elle prend en compte la réalité d’un engagement des jeunes dans la vie associative, donc citoyenne. Elle pointe, de façon sociétale et juridique, la participation des mineurs au projet associatif. Cette contribution apporte aussi des préconisations. Dans sa rédaction actuelle, le Livre vert (voir en particulier sa proposition 56) reste beaucoup plus réservée. C’est peut-être là une occasion manquée de générer de nouveaux militants associatifs, bénévoles ou professionnels, et de rajeunir de nombreux conseils d’administration. On signalera également qu’à son modeste niveau, l’Aprova 84 essaye de contribuer à ce chantier en direction des jeunes puisque nous animons, dans le cadre d’une UEO (Unité d’Enseignement et d’Ouverture) à l’Université d’Avignon, des cours sur le thème de l’engagement associatif.
La contribution de l'INJEP et le site de l'INJEP
Injep
Documents en téléchargement
contribution_sur_la_participation_associative_des_mineurs.pdf
|